PFAS et emballages alimentaires : les bons réflexes en franchise

PFAS et emballages alimentaires : ce que les réseaux de franchise doivent vérifier

On sélectionne son pain, sa viande, ses légumes et ses sauces. On travaille les recettes, les grammages et la présentation. Mais accorde-t-on la même attention au papier qui enveloppe le burger ou à la boîte qui contient le repas ?

En restauration, l’emballage fait partie du produit remis au client. Son choix mérite donc autant de méthode que celui des ingrédients.

Pour un franchiseur, cela pose une question concrète : comment s’assurer que chaque restaurant utilise un emballage adapté, avec les bons justificatifs et les bonnes consignes ?

Pourquoi parle-t-on des PFAS dans les emballages alimentaires ?

Les PFAS sont une vaste famille de substances chimiques utilisées notamment pour leurs propriétés de résistance à l’eau, aux graisses et aux taches. Certains emballages alimentaires ont eu recours à ces substances pour limiter l’absorption des matières grasses ou de l’humidité.

Leur présence ne se déduit pas de l’apparence d’un emballage. Une boîte en carton ou un papier au rendu naturel ne permet pas, à lui seul, de connaître sa composition.

Le bon réflexe consiste à demander des informations précises au fournisseur, plutôt qu’à se fier uniquement à la présentation commerciale du produit.

Ce qui change avec la réglementation européenne

Depuis le 12 août 2026, le règlement européen relatif aux emballages et aux déchets d’emballages interdit la mise sur le marché d’emballages destinés au contact alimentaire lorsque leur concentration en PFAS atteint ou dépasse les seuils définis par le texte.

Cette restriction figure à l’article 5 du règlement (UE) 2025/40. Elle porte sur des limites de concentration : la présenter comme une obligation générale d’absence absolue de tout PFAS serait imprécis.

Pour organiser ses achats, un réseau peut demander à ses fournisseurs des justificatifs actualisés, associés aux références qu’il commande. Une réponse générale sur l’ensemble d’un catalogue apporte moins de visibilité qu’un dossier correspondant à chaque emballage utilisé.

Un emballage recyclable convient-il forcément au contact alimentaire ?

La recyclabilité et l’aptitude au contact alimentaire répondent à des questions différentes.

La première concerne la fin de vie de l’emballage. La seconde concerne son utilisation avec les aliments.

La DGCCRF rappelle que les matériaux destinés au contact alimentaire doivent être utilisés dans les conditions prévues. La température, la durée du contact et le type de denrée comptent. Même un symbole indiquant le contact alimentaire ne signifie pas que le contenant convient à tous les usages.

Dans un restaurant, cela implique de vérifier notamment :

  • Les aliments que le contenant peut recevoir.
  • La température maximale d’utilisation.
  • Les éventuelles restrictions pour les produits gras ou acides.
  • La possibilité de réchauffer le contenant au micro-ondes.
  • Les conditions de réutilisation, si celle-ci est prévue.

Une boîte choisie pour une salade froide ne doit donc pas être utilisée pour un plat chaud sans vérifier les indications du fabricant.

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Franchiseurs : intégrer les emballages au référencement du réseau

Dans un réseau de franchise, le référencement des emballages peut devenir un véritable outil de pilotage.

Voici une méthode pratique pour organiser ce travail.

1. Recenser les références réellement utilisées

Commencez par les emballages présents dans les restaurants : papiers, boîtes, pots à sauce, gobelets, couvercles et contenants de livraison.

Pour chacun, identifiez le fournisseur, la référence exacte et l’usage prévu. Ce premier inventaire permet aussi de repérer les achats locaux et les substitutions effectuées lors des ruptures.

2. Constituer un dossier par référence

Une organisation utile consiste à regrouper :

  • La fiche technique du produit.
  • Les justificatifs de conformité applicables.
  • Les informations disponibles sur le respect des restrictions relatives aux PFAS.
  • Les conditions d’utilisation.
  • La date de réception ou de mise à jour des documents.

L’objectif est de pouvoir relier les informations du fournisseur à l’emballage utilisé en cuisine.

3. Prévoir les solutions de remplacement

Une rupture de stock peut pousser un restaurant à acheter une boîte disponible immédiatement.

Pour éviter les décisions improvisées, le réseau peut identifier à l’avance des références de remplacement et vérifier leur compatibilité avec les produits servis.

4. Donner des consignes simples aux équipes

Une fiche fournisseur de plusieurs pages est rarement consultée au moment du service.

Le manuel opératoire peut traduire les informations utiles en consignes courtes : quel contenant utiliser pour chaque produit, dans quelles conditions et avec quelles restrictions.

Franchisés : quelles questions poser à votre fournisseur ?

Avant de commander une nouvelle référence, préparez quelques questions précises :

« Cet emballage convient-il à notre produit et à sa température de service ? »

« Quelles sont ses limites d’utilisation ? »

« Pouvez-vous transmettre les justificatifs correspondant à cette référence ? »

« Quels éléments permettent de vérifier le respect des restrictions européennes sur les PFAS ? »

Conservez ensuite les réponses avec la documentation du produit. Cette organisation facilite les échanges avec le franchiseur et le suivi des achats.

Tester aussi l’expérience client

La documentation constitue une première étape. Le restaurant peut ensuite évaluer les performances pratiques de l’emballage avec ses propres recettes.

Pour la livraison, testez le repas dans des conditions représentatives : fermeture, transport, attente et ouverture.

Observez les fuites, la tenue du contenant, la condensation, la présentation du plat et la facilité de dégustation.

Ces essais servent à évaluer l’usage et la qualité de service. Ils ne remplacent pas les justificatifs de conformité du fournisseur.

Faire des emballages un sujet de qualité réseau

Pour structurer une franchise, les détails du quotidien comptent. Une recette précise, un fournisseur identifié et une consigne claire permettent de reproduire l’expérience attendue dans chaque restaurant.

Les emballages méritent cette même attention.

À L’Incubateur de la Franchise, j’accompagne les entrepreneurs dans la création, le développement et l’optimisation de leur réseau : organisation, outils, standards opérationnels et accompagnement des franchisés.

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Sébastien Alavoine
Entrepreneur et spécialiste du développement de réseaux depuis plus de 15 ans.

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