FatBrand risque la faillite ! dette : 1,3 milliards !

FAT Brands risque la faillite face à 1,3 milliard de dettes : un cas d’école sur les dérives de l’hyper-croissance en franchise

Le monde de la franchise est souvent associé à la stabilité, à la duplication de concepts éprouvés et à un modèle d’affaires résilient. Pourtant, même les groupes les plus puissants peuvent se trouver fragilisés lorsqu’une stratégie de croissance repose davantage sur l’endettement que sur des fondamentaux économiques solides.
Le cas FAT Brands, actuellement exposé à un risque de faillite en raison d’une dette colossale de 1,3 milliard de dollars exigée immédiatement par ses créanciers, en est l’exemple le plus marquant du moment. Donc FatBrand risque la faillite !

Cet article vise à décrypter la situation, à comprendre les mécanismes qui ont mené un géant de la restauration à une telle impasse, et à en tirer des enseignements concrets pour les franchiseurs et entrepreneurs français.

1. Qui est FAT Brands ? Un empire bâti sur 18 enseignes

FAT Brands est loin d’être un acteur marginal. Le groupe possède 18 marques de restauration, dont certaines emblématiques :

  • Round Table Pizza

  • Fatburger

  • Marble Slab Creamery

  • Johnny Rockets

  • Hurricane Grill & Wings

  • Great American Cookies

  • Ponderosa & Bonanza Steakhouses

  • Buffalo’s Café

  • …ainsi que d’autres chaînes acquises au fil du temps

Le positionnement de FAT Brands est clair : racheter des chaînes existantes, souvent en difficulté ou sous-exploitées, les intégrer dans un portefeuille commun, mutualiser les fonctions centrales et développer les réseaux en franchise.

En théorie, cette stratégie permet de créer des synergies et d’accélérer la croissance. En pratique, elle demande des capitaux massifs – et c’est là que le bât blesse.

2. Le cœur du problème : une dette de 1,3 milliard de dollars exigée immédiatement

En novembre 2025, FAT Brands a reçu un avis d’accélération de la part d’UMB Bank, agissant comme fiduciaire.
Cet avis stipule que l’intégralité des obligations — soit près de 1,3 milliard de dollars — devient exigible immédiatement.

Le groupe a reconnu publiquement ne pas disposer des liquidités nécessaires pour faire face à cette demande.
Conséquence directe :
👉 une restructuration via la faillite (Chapter 11) est désormais envisagée.

Ce n’est plus une hypothèse lointaine : c’est une option sur la table.

à lire aussi : Comment trouver un bon emplacement ?

3. Comment en est-on arrivé là ? Retour sur une stratégie d’expansion trop agressive

Entre 2020 et 2021, FAT Brands a enchaîné les acquisitions à une vitesse impressionnante : neuf chaînes rachetées en 18 mois, pour un total de près d’un milliard de dollars.

Pour financer ces achats, le groupe a utilisé un montage appelé Whole Business Securitization (WBS).

📌 Qu’est-ce que la WBS ?

Il s’agit de titrisations adossées à :

  • les redevances de franchise

  • les flux de trésorerie des restaurants

  • les revenus des marques

  • parfois les loyers

Ce montage permet d’emprunter à un coût plus bas, car les actifs financent les obligations.
Mais il crée aussi un effet de levier très important : si les flux baissent, tout le système s’effondre.

Et c’est exactement ce qui s’est produit.

4. Les signaux faibles : un recul opérationnel avant la crise financière

Depuis plusieurs trimestres, les chiffres de FAT Brands se dégradaient :

🔻 Recul des ventes à magasins comparables

–3,5 % au dernier trimestre, le huitième trimestre consécutif de baisse.

🔻 Pertes financières

–58 millions de dollars au dernier reporting.

🔻 Retards de paiement

Certaines enseignes du groupe ont dû suspendre temporairement leurs campagnes marketing faute de budget.

🔻 Relations tendues avec des franchisés

Plusieurs franchisés ont accusé le groupe de mauvaise gestion de fonds marketing.

Ces éléments montrent que la crise n’est pas uniquement financière : elle est aussi opérationnelle, conséquence d’une croissance trop rapide pour être absorbée correctement.

5. Pourquoi cette affaire doit alerter les franchiseurs (et les franchisés)

Le cas FAT Brands n’est pas un accident isolé : il illustre des mécanismes que tout entrepreneur doit comprendre.

Leçon n°1 : La croissance doit être rentable avant d’être massive

Croître vite ne suffit pas.
Croître sainement est indispensable.

Beaucoup de réseaux veulent “scaler” rapidement pour prendre des parts de marché. Mais sans une base financière stable, cette croissance devient un fardeau.

Leçon n°2 : L’endettement est un outil, pas une stratégie

Une dette peut accélérer le développement, mais elle doit être maîtrisée.
Au-delà d’un certain seuil, elle devient un risque systémique.

Leçon n°3 : Les franchisés dépendent directement de la santé financière du franchiseur

Un franchiseur en difficulté, c’est :

  • moins de support

  • moins de marketing

  • moins d’investissements

  • un risque de fermeture du réseau

Les candidats à la franchise doivent intégrer ces paramètres dans leur analyse préalable.

Leçon n°4 : La transparence financière est un devoir moral (et stratégique)

Un réseau solide doit communiquer :
• sur son niveau d’endettement
• sur sa rentabilité réelle
• sur ses choix stratégiques
• sur son modèle économique à long terme

Les franchisés ne sont pas des clients : ce sont des partenaires.

6. Comment éviter le scénario FAT Brands ? Les bonnes pratiques pour les franchiseurs

Voici les principes qu’on enseigne à l’Incubateur de la Franchise :

✔ Construire un réseau sur la rentabilité magasin (unit economics)

Un réseau qui fonctionne est un réseau où le franchisé gagne correctement sa vie.

✔ Croître proportionnellement à ses capacités opérationnelles

Grandir trop vite fragilise :
– le support
– la qualité
– le marketing
– la cohérence du réseau

✔ Diversifier les financements

Ne pas dépendre d’un seul instrument financier, surtout un instrument à effet de levier élevé.

✔ Prioriser la résilience plutôt que le volume

Mieux vaut un réseau de 20 franchisés rentables qu’un réseau de 200 mal accompagnés.

✔ Investir dans la gouvernance

Process, transparence, reporting, pilotage financier : la structure compte autant que l’ambition.

7. Conclusion : un avertissement pour toute l’industrie

L’affaire FAT Brands n’est pas une catastrophe isolée d’un “géant américain trop gourmand”.
C’est un signal fort pour tout l’écosystème de la franchise :
👉 l’hyper-croissance est un piège si elle n’est pas maîtrisée.
👉 l’endettement doit être un soutien, jamais un moteur principal.
👉 les franchiseurs ont une responsabilité envers leurs réseaux.
👉 les franchisés doivent apprendre à analyser la santé d’un réseau avant d’investir.

À l’Incubateur de la Franchise, nous utilisons ce type de cas réel pour former des entrepreneurs capables de créer des réseaux solides, durables et rentables.

Parce qu’un réseau bien construit n’a pas besoin de courir après l’argent :
il crée de la valeur, et la valeur attire naturellement la croissance.

—————————–

✍️ À propos de l’auteur

Sébastien Alavoine
Expert en développement de franchises et structuration de réseaux

Avec plus de 80 ouvertures de restaurants et de points de vente, j’accompagne aujourd’hui les entrepreneurs dans la création, la structuration et le développement de leur concept en franchise — mais aussi les franchiseurs déjà lancés qui souhaitent un accompagnement stratégique pour accélérer leur croissance.

➡️ Vous souhaitez structurer votre réseau, créer votre contrat de franchise ou recruter vos premiers franchisés ? Contactez-moi :
📝 Formulaire de contact sur ce site
📧 hello@incubateurdelafranchise.co
📱 07 44 73 37 12
💬 WhatsApp
🔗 Mon profil LinkedIn

Prendre RDV pour un call cliquer ici

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *